Reel 17426 - Page 0137
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Description
# P. O. M. L.
**From:** Montevideo
**To:** Algiers
**Date:** Feb. 12, 1944
**Rec'd:** Feb. 17, 1944
**No. 1-4/41**
**Pour M. MASSIGLI.**
M. PHILIPPE SOUPAULT est à Buenos-Aires depuis une quinzaine passée. Au cours d'une de mes conversations avec lui, il m'a dit spontanément qu'il s'était rendu compte en enquêtant sur place qu'une (erreur) politique avait été commise en ne transformant pas notre légation de l'Uruguay en ambassade: "Montevideo, m'a-t-il dit, est la capitale d'un pays de liberté et le siège de la Commission de Défense pan-américaine. Il tend à devenir pour l'Amérique du Sud, et même dans certaines circonstances pour toute l'Amérique, une sorte de (Genève). Très prochainement, M. SENGE CHLOY, ministre de l'U.R.S.E., qui passe pour un homme de premier plan doit y arriver. Nous aurions le plus grand intérêt à rehausser en Uruguay notre position sur le plan (90) idéologique, le seul sur lequel nous puissions nous situer. N'y aurait-il pas moyen de reprendre la question?"
J'ai répondu à mon interlocuteur que si l'on donnait au gouvernement uruguayen - maintenant que l'affaire CALAMET s'éloignait - l'assurance que dès qu'il aurait nommé un ministre à Alger notre légation serait élevée au rang d'ambassade, il paraît très probable que l'on puisse retrouver en Uruguay les conditions favorables nécessaires pour procéder à cette transformation et en tirer pour notre influence tout le profit désirable.
Parlant de l'Argentine où il a vu de nombreuses personnalités, il ajoute: "La situation parmi les Français y est extrêmement délicate, et vous êtes le seul délégué d'Amérique que je rencontre (90) qui jouit de la confiance de la très grande majorité de la colonie française. Vous êtes d'autre part bien chez les Américains et les Anglais. J'estime si le gouvernement argentin se résout à reconnaître sous une forme quelconque le Comité de la Libération, nul plus que vous ne me paraît qualifié pour en être actuellement le représentant.
Mais comme d'autre part au point de vue politique, l'Argentine totalitaire n'a de (respect) que pour la puissance matérielle, il serait nécessaire que notre représentant voie son crédit renforcé tant par la reconnaissance plein et entière dont il jouit à Montevideo que par l'autorité idéologique qu'il y possède. Je pense donc qu'aussi longtemps que la France n'aura pas été libérée, ce serait une erreur de ne pas réunir sous une direction unique notre représentation (91) en Uruguay et en Argentine."
(continued)
**File PG-1216**
**Examination Unit**
**From:** Montevideo
**To:** Algiers
**Date:** Feb. 12, 1944
**Rec'd:** Feb. 17, 1944
**No. 1-4/41**
**Pour M. MASSIGLI.**
M. PHILIPPE SOUPAULT est à Buenos-Aires depuis une quinzaine passée. Au cours d'une de mes conversations avec lui, il m'a dit spontanément qu'il s'était rendu compte en enquêtant sur place qu'une (erreur) politique avait été commise en ne transformant pas notre légation de l'Uruguay en ambassade: "Montevideo, m'a-t-il dit, est la capitale d'un pays de liberté et le siège de la Commission de Défense pan-américaine. Il tend à devenir pour l'Amérique du Sud, et même dans certaines circonstances pour toute l'Amérique, une sorte de (Genève). Très prochainement, M. SENGE CHLOY, ministre de l'U.R.S.E., qui passe pour un homme de premier plan doit y arriver. Nous aurions le plus grand intérêt à rehausser en Uruguay notre position sur le plan (90) idéologique, le seul sur lequel nous puissions nous situer. N'y aurait-il pas moyen de reprendre la question?"
J'ai répondu à mon interlocuteur que si l'on donnait au gouvernement uruguayen - maintenant que l'affaire CALAMET s'éloignait - l'assurance que dès qu'il aurait nommé un ministre à Alger notre légation serait élevée au rang d'ambassade, il paraît très probable que l'on puisse retrouver en Uruguay les conditions favorables nécessaires pour procéder à cette transformation et en tirer pour notre influence tout le profit désirable.
Parlant de l'Argentine où il a vu de nombreuses personnalités, il ajoute: "La situation parmi les Français y est extrêmement délicate, et vous êtes le seul délégué d'Amérique que je rencontre (90) qui jouit de la confiance de la très grande majorité de la colonie française. Vous êtes d'autre part bien chez les Américains et les Anglais. J'estime si le gouvernement argentin se résout à reconnaître sous une forme quelconque le Comité de la Libération, nul plus que vous ne me paraît qualifié pour en être actuellement le représentant.
Mais comme d'autre part au point de vue politique, l'Argentine totalitaire n'a de (respect) que pour la puissance matérielle, il serait nécessaire que notre représentant voie son crédit renforcé tant par la reconnaissance plein et entière dont il jouit à Montevideo que par l'autorité idéologique qu'il y possède. Je pense donc qu'aussi longtemps que la France n'aura pas été libérée, ce serait une erreur de ne pas réunir sous une direction unique notre représentation (91) en Uruguay et en Argentine."
(continued)
**File PG-1216**
**Examination Unit**
Source
https://image-uab.canadiana.ca/iiif/2/69429%2Fc0nc5s885s14/full/max/0/default.jpg
Date
1941/1945
Rights
Public Domain
Relation
oocihm.lac_reel_t17426
Format
image/jpeg
Language
fra
Type
Text
Coverage
Vichy France; World War II; 1940-1945
Files
Collection
Citation
“Reel 17426 - Page 0137,” La Sous-section de l’examen (1941-1945), accessed February 1, 2026, https://omeka.healthresearchhub.net/items/show/6585.