Reel 17425 - Page 2416
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Description
ont justifié cette conviction et il juge que la Grande-Bretagne fera difficilement accepter ses vues de ses candidats.
J'ai demandé quel était le point de vue des Soviétiques quant au tracé de la frontière occidentale (988) de la Pologne (et) de la Bièzeie. M. BENES m'a assuré que ce tracé suivait le cours de la Neisse, mais que le projet ayant provoqué des objections de M. CHURCHILL, on avait ajourné le problème jusqu'au moment où le futur Gouvernement polonais pourrait être consulté sur ses prétentions.
"Pour moi, a-t-il ajouté, si j'avais à conseiller les Polonais, je leur (989) recommanderais de ne prendre que ce qu'ils pourront défendre."
Passant à un autre état voisin de la Tchécoslovaquie, je me suis enquis du sort que le Kremlin réservait à l'Autriche.
"Les Soviétiques, m'a-t-il dit, sont opposés à la réunion de l'Autriche à la Hongrie et plus encore à la Bavière ou à l'Allemagne du sud parce que cette dernière opération favoriserait le (990) remembrement du Reich." - "Puis-je en déduire, ai-je répondu, que les Soviétiques sont résolus à démembrer l'Allemagne?" - "Oui, il y sont résolus." - "Et les Anglais?" - "Également." - "Et les Américains?" - "M. ROUSSEVELT en est partisan." Très intéressé par ces révélations dont déjà certaines (spéculations) non confirmées (991) nous avaient donné le soupçon, j'indiquai à M. BENES que le morcellement de l'Allemagne engendrerait ... un effort de remembrement et que, en tout cas, il ne suffirait pas si les régions de production industrielle n'étaient pas soumises à un contrôle permanent et très sévère. Il me donna raison et me dit avoir fait remarquer à ses interlocuteurs soviétiques que le démembrement n'était concevable que si on avait la volonté et le pouvoir de le maintenir et que la réponse à cette question intéresserait au plus haut point les (992) voisins de l'Allemagne appelés à subir le premier choc d'un Reich de nouveau rassemblé.
Puis, comme je demandais au Président si les Trois de Yalta considéraient vraiment cette solution comme viable, il répondit qu'ils pensaient qu'elle pourrait du moins assurer la paix pour deux générations.
CATROUX
Fille PG-8984
Examination Unit
National Research Council
April 5, 1945
J'ai demandé quel était le point de vue des Soviétiques quant au tracé de la frontière occidentale (988) de la Pologne (et) de la Bièzeie. M. BENES m'a assuré que ce tracé suivait le cours de la Neisse, mais que le projet ayant provoqué des objections de M. CHURCHILL, on avait ajourné le problème jusqu'au moment où le futur Gouvernement polonais pourrait être consulté sur ses prétentions.
"Pour moi, a-t-il ajouté, si j'avais à conseiller les Polonais, je leur (989) recommanderais de ne prendre que ce qu'ils pourront défendre."
Passant à un autre état voisin de la Tchécoslovaquie, je me suis enquis du sort que le Kremlin réservait à l'Autriche.
"Les Soviétiques, m'a-t-il dit, sont opposés à la réunion de l'Autriche à la Hongrie et plus encore à la Bavière ou à l'Allemagne du sud parce que cette dernière opération favoriserait le (990) remembrement du Reich." - "Puis-je en déduire, ai-je répondu, que les Soviétiques sont résolus à démembrer l'Allemagne?" - "Oui, il y sont résolus." - "Et les Anglais?" - "Également." - "Et les Américains?" - "M. ROUSSEVELT en est partisan." Très intéressé par ces révélations dont déjà certaines (spéculations) non confirmées (991) nous avaient donné le soupçon, j'indiquai à M. BENES que le morcellement de l'Allemagne engendrerait ... un effort de remembrement et que, en tout cas, il ne suffirait pas si les régions de production industrielle n'étaient pas soumises à un contrôle permanent et très sévère. Il me donna raison et me dit avoir fait remarquer à ses interlocuteurs soviétiques que le démembrement n'était concevable que si on avait la volonté et le pouvoir de le maintenir et que la réponse à cette question intéresserait au plus haut point les (992) voisins de l'Allemagne appelés à subir le premier choc d'un Reich de nouveau rassemblé.
Puis, comme je demandais au Président si les Trois de Yalta considéraient vraiment cette solution comme viable, il répondit qu'ils pensaient qu'elle pourrait du moins assurer la paix pour deux générations.
CATROUX
Fille PG-8984
Examination Unit
National Research Council
April 5, 1945
Source
https://image-uab.canadiana.ca/iiif/2/69429%2Fc0639k48kd04/full/max/0/default.jpg
Date
1941/1945
Rights
Public Domain
Relation
oocihm.lac_reel_t17425
Format
image/jpeg
Language
fra
Type
Text
Coverage
Vichy France; World War II; 1940-1945
Files
Collection
Citation
“Reel 17425 - Page 2416,” La Sous-section de l’examen (1941-1945), accessed February 16, 2026, https://omeka.healthresearchhub.net/items/show/5707.